Journées de psychanalyse avec Marie-Jean Sauret
Sur réservation
Cette journée de psychanalyse est la concrétisation du travail d’un Groupe de lecture qui s’est constitué dans le prolongement du séminaire d’été 2024 de l’ALI consacré au Séminaire XVII de Jacques Lacan, L’envers de la psychanalyse (1969-1970) (Éditions de l’ALI). Ce groupe composé de quatre personnes a engagé l’étude de l’ouvrage de Marie-Jean Sauret, De la politique et de la psychanalyse : pas sans l’amour (Érès, Coll. « Entre les lignes », 2023) qui explore la logique de l’impératif de jouissance du discours capitaliste et pose la question d’une politique qui pourrait la contrarier. Prenant pour amer la vérité dont est porteur le symptôme, l’auteur s’emploie à en distinguer les différentes modalités.
Résumé
L’auteur s’intéresse à l’enjeu politique du discours analytique qui met en évidence la façon dont le sujet se loge dans le lien social. Le symptôme noue la structure du sujet au « collectif ». N’y aurait-il donc de symptôme que social ? Sommes-nous condamnés à en souffrir ? Le sujet investit son désir avec le symptôme permis par son fonctionnement psychique. Grâce à lui il loge le réel de ce qu’il est dans le lien social. Il le fait de façon telle qu’il puisse y vivre avec d’autres – y compris ceux en échec. De la sorte, névrose, psychose et perversion constituent un écosystème psychique où chacune remplit une fonction sociale. L’impératif de jouissance du discours capitaliste met à mal cette biodiversité psychique. Rejetant le manque où le désir trouve sa raison, il désactive le génie propre à chaque forme d’assujettissement, et rend impensable le réel où s’enracine la singularité. Il sert ainsi un monde prédateur potentiellement uniforme excluant l’amour, où l’individu s’évalue en termes marchands. Ses protestations symptomatiques se multiplient mais interprétées comme des accidents diversement réparables. Le sujet capturé revendique son mode de jouissance propre, et cherche refuge parfois dans des discours radicaux d’allure paranoïaque et/ou dans des communautés de « mêmes » étayées sur la haine de ceux auxquels il fait supporter désormais sa propre altérité (xénophobie, antisémitisme). Quelle politique pourrait contrarier cette logique que l’ouvrage explore ?
