
Peau-de-sang
de Audrée Wilhelmy
Difficile de rendre compte d’un tel roman, le sixième d’une romancière québecoise très reconnue chez elle. Un conte noir et rouge, provocant à souhait !
On entre dans un monde quasiment chamanique, au 18°, en lisière de forêt canadienne, pas loin d’un bourg divisé entre le quartier haut des bourgeois, et celui des pauvres, bucherons et tisserandes employées de la manufacture. Peau-de-sang, une femme puissante, plumeuse d’oie, attire tous les hommes dans son antre.
Le récit s’ouvre sur les paroles de la morte, pendue avec ses oies, avant de chapitrer les événements de l’année qui précède, dans un univers fantastique où une vache peut se promener en fantôme sans sa peau…
Place du sexe, du désir, mais aussi du sang, de la mort, de l’exploitation avec des contrastes puissants, entre les bucherons et les brodeuses, entre la beauté des robes brodées et le sang sur les tabliers… la crudité des descriptions du dépeçage des renards ou des oies.
Une écriture du côté de Volodine et un personnage à la Bernadette Lafont dans La Fiancée du pirate.
Très puissant !