
Manifeste pour une écologie politique
de Alessandro Pignocchi
Nous retrouvons avec plaisir une BD d’Alessandro Pignocchi : ne manquent ni les mésanges, ni Trump, ni le ton absurde, ni la charge politique. C’est cependant cette dernière qui prend largement le pas dans cette commande éditoriale.
Steinkis publie en effet une série de petits livres thématiques pour l’élection présidentielle de 2027 : à Pignocchi fut laissée l’écologie. Le bédéaste s’en explique dès les premières pages, avec son humour coutumier, et reprend en la détournant la consigne d’écrire une sorte de manuel, ou de guide via un arbre de décision, suggérée par son éditrice.
Sous cette forme de livre dont on est le héros ou l’héroïne (très habilement vidée de sa substance par Pignocchi, car il ne s’agit pas ici de présenter des alternatives, mais de défendre la seule et ténue voie possible), l’auteur présente une analyse sans concession des précédentes expériences socialistes (Mitterrand et Allende, ne nous y trompons pas) et des raisons de leur avortement. Il dessine ensuite sa vision du futur désirable, plus conscient des
rapports entre espèces et de notre inscription dans le monde.
Nous sommes donc plus proches de l’essai sur les Perspectives terrestres que des bandes-dessinées parues sous le titre collectif de Petit traité d’écologie sauvage. Reste cependant, et c’est ce qui rend ce petit volume toujours précieux, la présence de petites voix contradictoires, la mésange, François et Danielle Mitterrand, dont le dialogue hilarant avec l’auteur, narrateur et personnage principal font tout le sel et aussi l’intérêt politique de ce « manifeste ».