
Ma sexualité en toutes lettres
de Tobi Lakmaker
Comme l’annonçait la quatrième de couverture, Sofie est étudiante. Passionnée de foot et de littérature, elle fait face au deuil récent de sa mère, doute de ses capacités d’écriture et surtout raconte ses ex.
On entre dans le livre comme on retrouverait cette copine au bar, pour un debrief de sa vie amoureuse, de ses doutes, de ses voyages. C’est à la fois troublant et réjouissant. La narratrice, un peu paumée et hyper attachante, nous fait rencontrer non sans humour Crétin D., Jennifer, Rose, Walter et bien sûr Kafka.
Mais derrière ces histoires d’un soir ou plus, ce sont angoisses, questionnements sur le genre, sur les relations familiales, sur la construction de soi que partage Sofie en s’adressant directement aux lecteurs ou lectrices (« tu vois »). La lecture ne peut pas être passive, elle implique. On s’éparpille avec la narratrice, on réfléchit, on se perd à Rome.
Un parcours initiatique très introspectif comme un processus de passage à l’âge adulte et de transition, amours, morts et angoisses incluses. C’est un premier roman drôle, réjouissant et peu conventionnel.