
Le Livre des souterrains
de Phœbe Hadjimarkos Clarke
Comme Aliène avant lui, Le Livre des souterrains est un ovni. Bien que très dense et foisonnant, on a envie d’en dire le moins possible pour laisser entier le plaisir de la découverte.
Dans ce qu’on peut révéler sans trop divulgâcher : Marie Marzouk est artiste performeuse. Au fil des ans, à cause du snobisme du milieu, elle s’est éloignée du monde de l’art, de ses vernissages et de ses biennales. Aujourd’hui, en 2030, elle vit dans un des appartements de sa sœur, prêté contre des heures de ménage dans l’immeuble de locations saisonnières, et vole les usagers du métro sans grande conviction.
Trois évènements vont alors bouleverser sa vie : un climatère subi de plein fouet (celles qui savent savent), une invitation au Festival de Glücksheim pour une performance qu’elle peine à imaginer et un cahier dont les liasses font très mystérieusement écho à ses interrogations existentielles.
En plus d’une histoire brillamment menée, dont chaque page mène à cette fin révélée dès le prologue, le texte est une géniale mise en abyme du travail d’écrivaine, annotations incluses. C’est une histoire, dans l’histoire, dans l’histoire, qui brouille les frontières entre fiction et réalité, avec ce côté parfois mystique découvert dans Aliène.
L’envie pousserait à écrire encore mille choses, mais sachez plutôt que vous trouverez dans ce texte : des dresseuses d’oies, des personnes non-binaires, des fantômes dans le métro, une canicule qui n’en finit pas, beaucoup de sang menstruel, la peur d’un ennemi fantasmé, de la moiteur, de la désillusion, des murs qui enferment plus qu’ils ne protègent, du tâtonnement artistique (ou manque d’inspiration c’est selon) et bien sûr, une disparition spectaculaire.
Coup de cœur de Claire
Le