
La terre des femmes
de María Sánchez
María Sánchez est devenue vétérinaire comme son père avant elle et son grand-père avant lui. D’une enfance à la campagne, elle garde en tête les liens entre humains, animaux et nature. L’interdépendance de toutes les formes du vivant. Le besoin de s’identifier plutôt aux pères qu’aux mères, qui malgré leur omniprésence à la maison, aux travaux de la ferme, auprès des enfants paraissent transparentes. De toutes ces observations et grâce à son expérience à la fois d’actrice rurale et d’actrice culturelle, elle nous livre ce texte, entre essai féministe et instantanés personnels. Avec beaucoup de sensibilité (et parfois de la colère), l’autrice questionne le féminisme rural, dénonce l’urban gaze, pointe du doigt le travail acharné, gratuit, invisibilisé des femmes sur les exploitations et redonne une voix à celles et ceux qui n’en ont pas. Non par manque de voix à proprement parler, mais par manque d’écoute, d’espaces de parole, de crédibilité. En ce faisant, elle retisse des liens avec aïeules.