
La dernière fois qu'on s'est aimés
de Marie Boulic
Un matin, dans le bus pour la fac, Charlie relève la tête et aperçoit – d’abord elle le sent – Raphaël, son amour de lycée. Ce qui commence comme une romance mignonne presque gluante prend en gravité au fur et à mesure des chapitres que l’on dévore et de ce huis-clos qui vient fouiner dans leurs souvenirs.
Malgré l’unité de lieu – le bus – l’autrice nous fait voyager entre passé et présent, laissant entendre les voix des deux personnages en alternance. Et nous voilà témoins, à travers leur dialogue, de leur première rencontre quatre ans plus tôt. L’intensité de la relation est bien sûr au rendez-vous pour ce couple parfait, jusqu’à la séparation.
Dans le bus, c’est embué (les yeux et les vitres), ça brinquebale. Un cadre intimiste et chuchoté idéal pour aborder la raison de l’éloignement de Charlie et Raphaël : une grossesse non désirée puis un avortement. La discussion de ces jeunes revient sur les causes de la rupture, angoisses et divergences de points de vue révélées par la grossesse. C’est l’occasion pour l’autrice de parler de l’avortement (sensibiliser si besoin est) de la façon dont il peut être vécu, perçu à titre personnel.
Les vers libres se prêtent parfaitement bien à l’exercice et ne sont pas sans rappeler – comme cette histoire d’amour dramatique mais teintée d’humour – les récits de Clémentine Beauvais.