
Bichette
de Émilie Gleason
Il y a quelques années, Ted, drôle de coco avait titillé ma curiosité, avec ses couleurs attirantes et son air assez barré. Résultat : surprenant, parfois grave, et incroyable !
Pour Bichette, Émilie Gleason réitère. Les couleurs sont quasi fluos, les planches fourmillent de détails et l’histoire, qui parait folle dès le début nous laisse sur un excipit totalement inattendu, de ceux qui impliquement d’entièrement relire le livre avec une vision différente.
La bédéiste raconte l’histoire de Gui, jardinier municipal de Monmignon-sur-seine sur le point de se faire virer, à la tête plutôt phallique et au caractère – vraiment – très désagréable (si ce n’est odieux). Un jour, il rencontre Bichette, une jeune femme toute petite et dévouée, et s’apaise – pour un temps. En effet, l’aide de Bichette, stagiaire non-rémunérée qui endosse les tâches quotidiennes de son « tuteur » et se plie à ses moindres désirs en s’excusant, la rend hyper attachant aux yeux de Gui. Voilà donc le duo parti dans un grand projet de réhabilitation du manège du fond du parc, pour le transformer en logement avec potager.
Avec un rythme hyper frénétique, des dessins fous, de l’humour et un œil critique, l’histoire dit l’attachement toxique, la dépendance affective, la violence, mais aussi les conditions de vie précaires, la marginalité. Une lecture capable de faire rire comme de retourner le bide. En prime : une quête névrotique du trou parfait.