Rencontre avec Isabelle Guérin
Elle est un rouage invisible et pourtant essentiel du capitalisme financier. Sans la femme endettée sans son travail patient, ingénieux, souvent douloureux, pour rembourser, pour faire « rouler la dette », c’est l’ensemble du système financier qui se retrouverait grippé. En effet, pas moins de 30% des familles (sur)vivent à crédit. 30% ! Isabelle Guérin montre que ce sont les femmes, en Inde du Sud, au Maroc, en France ou aux États-Unis qui payent les dettes. Aussi hétérogènes que soient les situations socio-économiques, les conditions matérielles, toutes ces femmes partagent une même condition qui les amène à jongler entre dette financière, morale et sexuelle, et qu’Isabelle Guérin nomme dette patriarcale. La chronique du livre par ici.
Isabelle Guérin est socioéconomiste, directrice de recherche à l’IRD et au Cessma, affiliée à l’Institut français de Pondichéry. Elle a cofondé et codirige l’Observatoire des dynamiques rurales et des inégalités sociales en Inde du Sud. Elle a publié de nombreux ouvrages sur la financiarisation des inégalités, les résistances qu’elle suscite et les manières d’enquêter qui font dialoguer les vies et les chiffres.
